Incendies de forêt

31 juillet 2026
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L’essentiel

  • La fréquence et la gravité des incendies de forêt augmentent à l’échelle mondiale sous l’effet des changements climatiques.
  • Les incendies de forêt constituent une menace croissante pour la vie et les écosystèmes. Ils détruisent les forêts et les habitats, et leurs conséquences, en particulier les fumées, sont responsables d’une pollution qui peut couvrir des régions entières et même traverser les frontières.
  • La fumée des feux de forêt fait peser une charge considérable sur la santé humaine dans le monde entier car elle provoque une dégradation importante et soudaine de la qualité de l’air.
  • Outre les décès et les handicaps directement imputables aux incendies, les passages aux urgences et les hospitalisations pour des troubles respiratoires liés à l’exposition à la fumée des feux de forêt pèsent lourdement sur les systèmes de santé.
  • Le secteur de la santé publique joue un rôle clé dans la réponse multisectorielle, tant en termes de prévention que d’intervention après un incendie de forêt. Cela inclut les dispositifs d’alerte rapide, une communication efficace sur les risques, la préparation et le plaidoyer en faveur de sociétés à faible taux d’émission et à faible intensité de carbone.


Vue d’ensemble

Les incendies de forêt sont des feux incontrôlés qui se produisent dans la nature. Ils peuvent être causés par l’être humain et s’intensifier sous l’effet de conditions météorologiques défavorables. À mesure que les zones sujettes aux feux de forêt s’étendent, ces derniers peuvent également affecter le cadre bâti, comme les routes, les maisons, les lignes électriques et d’autres infrastructures. On estime que 80 à 95 % des incendies dans le monde sont déclenchés par des activités humaines (lignes électriques tombées au sol ou produisant des arcs électriques, feux de camp, utilisation d’équipements, etc.) plutôt que de façon naturelle (par exemple, la foudre). Bien que les incendies de forêt aient toujours existé et, dans certains cas, soient des événements naturels bénéfiques pour la nature et la biodiversité, ils peuvent causer d’importants dégâts aux forêts et aux cadres bâtis, et menacer des vies et des écosystèmes. 

Changements climatiques et incendies de forêt 

La fréquence et la gravité des incendies de forêt augmentent à l’échelle mondiale. Parmi les exemples récents les plus marquants, on peut citer les incendies qui ont touché la Californie en 2018 et 2025, l’Australie en 2019-2020, la Sibérie en 2019, le Canada en 2023, le Chili en 2024, et l’Europe de l’Ouest et l’Amérique du Nord en 2026. Des millions d’hectares ont brûlé et des infrastructures et des milliers de maisons ont été détruites.

La fréquence des incendies de forêt d’une ampleur exceptionnelle pourrait augmenter de 50 % d’ici la fin du siècle (FAO, GIEC). Les changements climatiques, d’une part, réduisent la période pendant laquelle les brûlages contrôlés peuvent être effectués en toute sécurité et, d’autre part, augmentent l’imprévisibilité du comportement des incendies et des conditions météorologiques, ce qui accroît le risque de propagation incontrôlée des feux. Par conséquent, les mesures de brûlage dirigé visant à maîtriser les risques d’incendie de forêt devraient s’adapter à l’évolution du climat, par exemple en intégrant les connaissances traditionnelles des communautés autochtones qui pratiquent le brûlage culturel, ainsi que des solutions technologiques.

Incendies de forêt et pollution de l’air

Les incendies de forêt peuvent augmenter significativement les niveaux de pollution de l’air. La fumée des feux de forêt est une source majeure de polluants atmosphériques toxiques sous forme de gaz et de particules, ainsi que de gaz à effet de serre. Si la taille des particules provenant de la fumée des feux de forêt est variable, environ 90 % de la masse totale des particules émises par les incendies sont constitués de matières particulaires (PM) d’un diamètre inférieur ou égal à 2,5 micromètres (PM2,5) (1). La fumée produite par les incendies de forêt peut renfermer un mélange complexe de différents composés, notamment :

  • des matières particulaires (PM), qui peuvent être grossières (PM10) et fines (PM2,5), mais aussi ultrafines (UFP), c’est-à-dire d’un diamètre inférieur à 0,1 micromètre ;
  • des polluants gazeux courants (comme l’ozone, le dioxyde d’azote ou le dioxyde de soufre) ;
  • des polluants atmosphériques dangereux (comme les hydrocarbures aromatiques polycycliques (HAP)) ;
  • des gaz à effet de serre (GES) (comme le dioxyde de carbone, le méthane ou les protoxydes d’azote) ;
  • des métaux toxiques (comme le plomb) ; et
  • des microplastiques.

En outre, la fumée des feux de forêt peut parcourir des milliers de kilomètres, et affecter la qualité de l’air et la santé humaine dans des zones éloignées de l’incendie.

Effets sur la santé de l’exposition à la fumée des feux de forêt

Les effets sur la santé de la fumée des feux de forêt dépendent de nombreux facteurs, tels que la composition des particules en suspension, la source combustible et la composition chimique. Lorsque les incendies brûlent des structures et des matériaux manufacturés, d’autres produits chimiques viennent s’ajouter à la fumée, les cendres contenant des niveaux plus élevés de métaux traces toxiques, d’amiante et de HAP.

En plus de provoquer et d’augmenter le risque de blessures, de brûlures et de décès des personnes exposées aux incendies, les effets néfastes sur la santé observés à la suite d’une exposition à la pollution par les particules issues de la fumée des feux de forêt sont notamment, à court terme : 

  • des symptômes bénins, comme des maux de tête, une irritation des yeux et des voies respiratoires ;
  • des symptômes plus graves, comme des vertiges, une respiration sifflante ou des douleurs thoraciques ;
  • des effets sur la santé liés à des troubles respiratoires, notamment des crises d’asthme et un essoufflement ;
  • des effets d’origine cardiovasculaire, comme des palpitations cardiaques, qui peuvent nécessiter une hospitalisation chez les populations âgées (65 ans et plus) ; et
  • une mortalité élevée et des décès prématurés attribuables à une exposition de courte durée dans les régions touchées.

Les effets à long terme sur la santé de l’exposition à la fumée des feux de forêt font l’objet d’études, car ils pourraient être aggravés par les incendies. C’est notamment le cas de différents types de cancer. De nombreuses études font en outre état d’un lien constant entre exposition à la fumée des incendies de forêt et risque accru de mortalité toutes causes confondues (2). En revanche, les données relatives à la mortalité cardiovasculaire et respiratoire sont mitigées et moins concluantes. De plus, les populations directement touchées par un incendie souffrent de problèmes de santé mentale et de stress psychologique attribuables aux traumatismes liés à l’évacuation, à la perte de biens, à la perte de moyens de subsistance et à d’autres conséquences. 

Populations exposées aux risques liés à la fumée des feux de forêt 

Les enfants et les personnes âgées sont particulièrement vulnérables aux effets sur la santé de l’exposition à la fumée des feux de forêt, et les femmes enceintes peuvent présenter un risque accru d’issues défavorables de l’accouchement (comme une insuffisance pondérale à la naissance ou une naissance prématurée). Les enfants sont particulièrement sensibles aux conséquences néfastes de la pollution de l’air sur la santé, y compris la fumée des feux de forêt, car leurs poumons, leur cœur, leurs fonctions cognitives, leurs comportements et leur système immunitaire sont encore en pleine évolution. Plusieurs facteurs sont responsables de l’exposition accrue des enfants par rapport aux adultes : ils inhalent davantage d’air (et donc davantage de polluants) par unité de poids corporel ; ils ont tendance à passer davantage de temps à l’extérieur ; et ils pratiquent des activités plus intenses – autant de facteurs susceptibles d’avoir des conséquences néfastes sur des poumons en développement. 

Les personnes âgées sont elles aussi particulièrement sensibles aux effets néfastes sur la santé de la fumée des feux de forêt en raison d’un déclin progressif des processus physiologiques et d’une prévalence relativement plus élevée des maladies pulmonaires et des cardiopathies. Les personnes souffrant d’une maladie préexistante ou d’affections chroniques (comme les maladies pulmonaires ou cardiaques) peuvent également voir leurs symptômes s’aggraver sous l’effet de l’exposition à la fumée des incendies de forêt. 

Parmi les autres facteurs susceptibles de rendre les adultes plus vulnérables aux effets de la fumée des feux de forêt sur la santé, on peut notamment citer la situation socioéconomique, le niveau d’instruction, les conditions de logement, le cadre de travail (par exemple, personnes travaillant en extérieur) ou l’accès aux soins de santé. 

Certains groupes sont plus exposés aux effets sur la santé de la fumée des feux de forêt en raison d’une probabilité accrue d’exposition. C’est le cas des populations vivant dans des zones proches des incendies, ainsi que des pompiers forestiers.

Protéger la santé contre l’exposition à la fumée des feux de forêt

Lors de conditions de fumée épaisse, il est important de réduire son exposition à la pollution particulaire causée par les incendies de forêt :

  • en prenant connaissance des conseils des autorités locales et des autorités locales compétentes
  • en limitant les activités de plein air
  • en protégeant la qualité de l’air intérieur contre la fumée des feux de forêt
  • en cherchant des espaces moins pollués
  • en connaissant les symptômes potentiels d’exposition à la fumée des feux de forêt et en consultant un médecin si nécessaire.

Les organismes de santé et les professionnelles et professionnels de la santé peuvent contribuer comme suit :

  • veiller à ce que les décisions en matière de santé publique s’appuient sur les informations issues de plateformes multirisques (par exemple, incendies, pollution par la fumée, chaleur) qui reposent elles-mêmes sur des outils et des sources fiables de prévision et d’évaluation de l’exposition, intégrés aux systèmes d’alerte précoce ;
  • appuyer les politiques et les mesures visant à réduire les risques pour les collectivités, telles que les réglementations en matière de construction et les normes de conception garantissant la résistance au feu des environnements bâtis et des infrastructures, l’application de principes fondés sur des données probantes pour gérer les charges calorifiques afin de créer des zones tampons, la réduction au minimum des sources d’inflammation d’origine anthropique, la diminution de la disponibilité de la biomasse et des combustibles, ainsi que la mise à la disposition des collectivités d’informations et d’outils de préparation ;
  • soutenir la restauration des zones touchées, notamment par des activités de reboisement qui constituent non seulement une méthode efficace de stockage naturel du carbone, mais qui présentent également de nombreux avantages connexes pour la santé, la diversité biologique, la purification de l’air et de l’eau, ainsi que la protection contre une nouvelle dégradation de l’environnement ; et
  • promouvoir une approche « Une seule santé » qui prend en compte l’ensemble des causes et conséquences associées aux incendies de forêt, et vise à promouvoir de manière durable la santé des personnes, des animaux et des écosystèmes de manière synergique.

Action du système des Nations Unies

En 2023, l’Organisation des Nations Unies pour l’alimentation et l’agriculture (FAO) et le Programme des Nations Unies pour l’environnement (PNUE) ont mis sur pied un Centre mondial de gestion des incendies (3) dans le but de renforcer les capacités de mise en œuvre de la gestion intégrée des incendies au niveau régional, national et communautaire. Ce centre aide les pays à mettre en place une gestion intégrée des incendies et met l’accent sur le partage des connaissances et des données, le renforcement des capacités, l’évaluation des risques d’incendie et l’alerte rapide, les communautés résilientes face aux feux de forêt ainsi que l’appui à l’élaboration de politiques.

Le Programme Veille de l’atmosphère globale (VAG) de l’Organisation météorologique mondiale (OMM) (4) joue un rôle moteur, en collaboration avec des partenaires internationaux, dans l’élaboration et la mise en place du Système d’avis et d’alerte concernant la pollution par la fumée et les incendies de végétation (VFSP-WAS). Organisé en antennes régionales épaulées par des centres régionaux, ce réseau international regroupe des organismes de recherche, des centres opérationnels nationaux et des utilisatrices et utilisateurs.

Action de l’OMS

L’OMS collabore avec les États Membres afin de créer des systèmes de santé résilients, à faible émission de carbone et proactifs, capables d’anticiper les besoins et les défis lors des situations d’urgence, de réduire les risques et de réagir efficacement lorsque nécessaire. 

En tant que chef de file du Groupe sectoriel pour la santé pour les situations d’urgence mondiale, l’OMS collabore avec ses partenaires à des fins de préparation, de prévention, de détection, de riposte et de relèvement à la suite d’une situation d’urgence ou d’une catastrophe, y compris lorsque les causes en sont environnementales. Ces activités comprennent : 

  • la mise en place de dispositifs d’alerte rapide et la publication de conseils en matière de santé et de qualité de l’air ;
  • l’élaboration de politiques nationales, de recommandations et de plans nationaux d’intervention d’urgence ;
  • l’appel à des approches régionales et internationales de prévention et de gestion des feux de forêt ;
  • le renforcement des ressources humaines pour la gestion des catastrophes ;
  • le blocage des rejets de substances dangereuses ;
  • l’évaluation des besoins de santé de la communauté et des dommages aux infrastructures ;
  • le rétablissement des services de soins de santé primaires, tels que la vaccination, la santé de la mère et de l’enfant, et la santé mentale ;
  • la constitution et la gestion des stocks de fournitures et matériel de secours ;
  • la collecte, l’analyse et la diffusion d’informations relatives aux situations d’urgence et aux catastrophes susceptibles de survenir dans la région ; et
  • l’appel à un financement d’urgence pour appuyer l’action sanitaire.

 

Références bibliographiques 

  1. Santé Canada. Lignes directrices relatives aux espaces antifumée pendant les épisodes de fumée de feux de forêt Ottawa (ON) : Santé Canada ; septembre 2020. Disponible à l’adresse : https://www.canada.ca/content/dam/hc-sc/documents/services/publications/healthy-living/guidance-cleaner-air-spaces-during-wildfire-smoke-events/lignes-directrices-relatives-espaces-antifumee-pendant-episodes-fumee-feux-foret.pdf
  2. Santé Canada. Effets de la fumée des feux de forêt sur la santé humaine. Ottawa : Santé Canada ; mai 2024. Disponible à l’adresse : https://www.canada.ca/content/dam/hc-sc/documents/services/publications/healthy-living/human-health-effects-wildfire-smoke/effets-fumee-feux-foret-sante-humaine.pdf
  3. Organisation des Nations Unies pour l’alimentation et l’agriculture. About the Fire Hub. Rome: FAO. Disponible à l’adresse : https://www.fao.org/partnerships/fire-hub/about/en
  4. Organisation météorologique mondiale. Global Atmosphere Watch (GAW) Programme. Geneva: World Meteorological Organization. Disponible à l’adresse : https://wmo.int/all-activities/research/global-atmosphere-watch-gaw-programme